Ethique des recherches en primatologie

Les recherches en primatologie, qu’elles soient menées en milieu naturel ou en captivité dans des centres de
recherche
ou des parcs zoologiques, soulèvent de nombreux enjeux éthiques sur lesquels il est nécessaire de se
questionner afin
d’améliorer nos pratiques.

La plupart de ces enjeux se rapporte directement aux méthodes employées pour collecter des données
scientifiques sur les primates non humains, à fortiori si celles-ci nécessitent des procédures dites invasives
telles que capture, contention, prélèvement de tissus biologiques, anesthésie ou encore pose de transpondeurs qui pourraient
engendrer détresse et douleur chez les primates étudiés. Plus largement, un nombre croissant d’observations indique que nos pratiques sont susceptibles d’affecter le comportement, la santé ou encore la vie sociale des animaux que nous étudions (Soulsbury et al. 2020, Methods in Ecology & Evolution). Enfin, il apparaît également comme primordial de considérer le contexte social, économique, politique ou encore écologique dans lequel les données sont acquises, ceci afin d’éviter de provoquer des conflits avec les humains qui entourent les primates étudiés (Fedigan 2010, American Journal of Primatology). Il peut s’agir des populations riveraines dans le cas des études menées en  milieu naturel, des techniciens animaliers dans les laboratoires ou encore des soigneurs et visiteurs dans les parcs zoologiques.
C’est à partir de ce constat que la SFDP soutient la création du groupe de travail « Ethique des recherches en primatologie ». Par une approche mêlant les sciences biologiques aux sciences humaines et sociales, ce groupe de travail visera à proposer une analyse réflexive des enjeux éthiques qui entourent les recherches en primatologie, avec deux objectifs principaux :
(1)   dresser un état des lieux des différents enjeux éthiques inhérents aux recherches sur les primates non humains
(2)   proposer des pistes de réflexion pour mieux appréhender ces enjeux éthiques.
Pour atteindre ces objectifs, le groupe de travail « Ethique des recherches en primatologie » s’appuiera sur une méthodologie en trois axes complémentaires : 

Axe A : Inventorier de manière exhaustive les publications et ouvrages scientifiques qui se sont d’ores et déjà interrogés sur les conséquences que les pratiques scientifiques peuvent avoir sur les primates non-humains et sur les humains qui les entourent. Cet inventaire s’appuiera sur une analyse approfondie de la terminologie employée pour faire référence aux enjeux éthiques, et devrait mettre en évidence les biais et lacunes dans la littérature scientifique. 

Axe B : Recueillir des témoignages auprès d’une grande diversité d’acteurs et actrices impliqué.es dans des recherches en primatologie, afin de mieux comprendre les motivations, doutes et questionnements inhérents à la pratique des recherches en primatologie. Ces entretiens devraient également permettre de recueillir les témoignages de personnes ayant développé des pratiques alternatives. 

Axe C : Promouvoir et encourager des projets de recherche ayant pour ambition d’évaluer, par des mesures quantitatives ou qualitatives, les effets des pratiques scientifiques.

 

Membres du groupe de travail « Ethique des recherches en primatologie » :

  • Mélissa BERTHET (PhD) Institut Jean Nicod, Département d’études cognitives, ENS, EHESS, CNRS, PSL
  • Helen BEYER, Silabe - Université de Strasbourg, Niederhausbergen, France
  • Axelle BOUTEILLER, Equipe de Recherche Clinique, Service d’onco-cardiologie, Hôpital Nord, Marseille, France
  • Charlotte CANTELOUP (PhD), UMR 7206 Eco-anthropologie, CNRS/MNHN/Université de Paris, Paris, France
  • Alysson COUCHOURON, Institut des Neurosciences de la Timone , Team Banco, Marseille, France
  • Laura DA SILVA, La ferme tropicale, Combs-la-Ville, France
  • Benoît DELACHE
  • Cécile GARCIA (PhD), UMR 7206 Eco-anthropologie, CNRS/MNHN/Université de Paris, Paris, France
  • Marie HIREL, Institut de Neurosciences de la Timone, Team Banco, Marseille, France
  • Marie LACOMME, Laboratoire Sphère, Université de Paris, Paris
  • Mathilde LALOT (PhD), Enseignante d’Ethologie et de Biologie en classes préparatoires
  • Audrey MAILLE (PhD), UMR 7206 Eco-anthropologie, CNRS/MNHN/Université de Paris, Paris, France
  • Raphaëlle MALASSIS (PhD), School of Psychology and Neuroscience, University of St Andrews, Scotland, UK
  • Ulrich MALOUEKI (BSc) Département de Biologie, Faculté des Sciences, Université de Kinshasa, Kinshasa, République Démocratique du Congo
  • Luca MORINO (PhD), Parc Zoologique de Paris, MNHN, Alliance Sorbonne Universités, Paris, France
  • Papa Ibou NDIAYE (PhD), Département de Biologie animale, Faculté des Sciences et Techniques, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal
  • Odile PETIT (PhD), Équipe Éthologie Cognitive et Sociale, UMR 7247 Physiologie de la Reproduction et des Comportements, (INRAe - CNRS - Université de Tours - IFCE), France 
  • Amélie ROMAIN (PhD), Bureau d'étude AKONGO, Nantes, France
  • Pauline ZABLOCKI-THOMAS (PhD), California National Primate Research Center, Davis, CA, United States 
Si vous souhaitez contribuer au groupe de travail “Ethique des recherches en primatologie, vous pouvez contacter Audrey Maille (audrey.maille@mnhn.fr)