Ethologie

Tribune libre par JP Gautier. Lettre ouverte aux "singelogues" de France et de Navarre…

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Chimpanzé - Crédit A. Méguerditchian

Le 28e colloque de la Société Francophone De Primatologie (SFDP) qui s’est tenu à Strasbourg du 14 au 16 octobre 2015 a été un franc succès. Placé et organisé sous la double égide de l’Université de Strasbourg, et du Centre de Primatologie du Fort Foch, ce succès est dû à deux facteurs importants. Le premier est la participation des jeunes. Ils étaient nombreux sur les quatre-vingt-quatre participants. Cette participation est désormais une constante de notre société savante. L’attribution d’un prix, et d’une bourse les motive à venir tenter leur chance en récompense de leurs travaux, ou pour permettre d’en entreprendre de nouveau. Ces attributions, que l’on doit à l’un d’entre nous, Guy Mahouy, sont sans doute le facteur principal de la fréquentation de nos colloques et de son « turn-over ». Pour ceux, qui comme moi, sont des fidèles de la SFDP, nous ne pouvons que nous réjouir de cette fréquentation, mais aussi de la qualité de leurs interventions. Le second facteur a été le lieu d’organisation. Le Fort Foch, Le premier Centre de Primatologie de France, qui avec ceux de Rousset et de Paimpont animent la recherche en primatologie. Nous le devons à des personnalités marquantes. Il s’agit de Nicolas Herrenschmidt, créateur du Fort Foch, et des deux chercheurs particulièrement actifs, et animateurs, Jean Jacques Roeder et Jim Anderson. Ce dernier arrivant d’Angleterre pour six mois au Fort Foch, y est resté 11 ans. Je m’associe à l’hommage qui leur a été rendu. Mais il y a un hic. L’Assemblée générale nous a révélé que seules 58 personnes sont régulièrement inscrites à notre société, alors qu’elle en a compté plus de 200. Alors, comment résoudre ce problème ? Comment mobiliser tous les singelogues de France et de Navarre, à participer aux activités de notre société et à s’y inscrire ? Force est de constater que nombreux sont ceux qui travaillant « avec » les primates ne fréquentent pas ou plus notre colloque annuel, et ceci pour de multiples raisons. Je rappellerais toutefois à ces éternels absents quelques règles fondamentales et impératives. Elles m’ont été enseignées par Gaston Richard, professeur d’éthologie de l’Université de Rennes, et par mon maître François Bourlière. Enseignants-chercheurs, chercheurs, vous vous devez de participer aux réunions scientifiques, colloques et congrès. Sans ces apports, vous vous privez de connaître les recherches en cours, celles qui sont « sur le feu ». Vous vous vous privez d’apprendre les orientations nouvelles qui se font jour. Celles-ci émanent des présentations formelles, mais aussi, des discussions informelles. C’est là que les initiatives et les projets se créent. Quant aux techniciens, soigneurs et animaliers, vous qui êtes confrontés chaque jour aux problèmes de maintenance et de santé des singes dont vous vous occupez. N’y a-t-il rien à apprendre à partager vos expériences ? Singelogues de tous les pays, unissez-vous.

JP. Gautier, ex. DR CNRS Laboratoire d’Ethologie – Université de Rennes 1, Station Biologique de Paimpont. Publié en décembre 2015


Caractérisation éthologique de l’émotivité

Comprendre le fonctionnement des groupes sociaux implique une connaissance des caractéristiques individuelles. Il existe plusieurs niveaux de réflexion dans l’étude des différences interindividuelles, le plus complexe correspondant à l’étude des dimensions du tempérament. C’est à ce niveau que se place notre investigation qui se base sur une approche éthologique comparative du tempérament tel que l’a définit Bates. Nous nous intéresserons plus précisément à l’un des principaux traits de celui-ci : l’émotivité, définie comme la prédisposition héritée du système nerveux autonome permettant de réagir de façon particulièrement forte et durable à certaines classes de stimuli. La plupart des études sur la réactivité émotionnelle n’utilisent qu’un seul test, au cours duquel n’est enregistré qu’un nombre limité de comportements. Or, le monde des émotions est complexe, englobant , entre autres, les aspects du grégarisme et de la néophobie. Nous avons mené cette étude sur une espèce de primates non humains, le cercopithèque de Brazza (Cercopithecus neglectus), présentant une très forte tendance au grégarisme et réagissant fortement à l’isolement social...

Extrait de : "Hélène Meunier, Philippe Bec et Catherine Blois-Heulin, « Caractérisation éthologique de l’émotivité chez le cercopithèque de Brazza (Cercopithecus neglectus) », Revue de primatologie [En ligne], 1 | 2009, document 2, mis en ligne le 23 septembre 2009, Consulté le 25 janvier 2016. URL : http://primatologie.revues.org/154 ; DOI : 10.4000/primatologie.154"

Pour en savoir plus : http://primatologie.revues.org/154