Les fondateurs de la SFDP

La SFDP a été créée le 25 mai 1987. Ses statuts reposent sur la législation française relative à la Loi de 1901. Elle a été enregistrée le 12 juin 1987 sous le numéro 10134 à la Préfecture d’Ille et Vilaine.

A l’instigation de la Sociéte Internationale de Primatologie (International Primatological Society - I. P. S.) et de primatologues français présents au congrès de cette société à Göttingen (Allemagne) en 1986, une enquête préliminaire a été confiée à Bertrand Deputte pour évaluer le bien-fondé de la création d’une société française de primatologie. Au vu du résultat positif de cette enquête, une société savante, la Société Francophone de Primatologie, a été fondée le 25 mai 1987, au Parc Zoologique de Vincennes, au cours d’une assemblée préparée et animée par Bertrand Deputte.

Cette assemblée constitutive réunissait des chercheurs de la station Biologique du CNRS à Paimpont, des membres de l’Université Louis Pasteur de Strasbourg, des membres du Muséum d’Histoire Naturelle, des chercheurs de l’INSERM, des chercheurs de l’Armée, et des responsables de parcs zoologiques publics et privés. De cette communauté, a priori hétérogène, est née la SFDP avec l’idée que tous devaient unir leurs efforts pour promouvoir la connaissance des primates étudiés, leur protection et leur conservation in situ aussi bien qu’ex-situ.

La spécificité de la SFDP en tant que Société de primatologie dans le monde était en outre de revendiquer et d’affirmer le souci d’utiliser la langue française comme véhicule d’échange entre ses adhérents. Plus de 25 ans ont passé et la SFDP regroupe aujourd’hui, sur la même base d’ouverture d’esprit, 200 adhérents issus d’une grande diversité de milieux scientifiques et professionnels. La pérennité de la SFDP tient probablement à la volonté de ses fondateurs d’avoir dès la création de la Société, organisé des colloques, sur une base annuelle.

Ces colloques qui regroupaient au départ environ 60 participants ont grossi et regroupaient ces 4 dernières années environ 100-150 participants.

La SFDP accueille au sein de son Conseil d’Administration un représentant de l’International Primatological Society (IPS) et de l’European Federation for Primatology (EFP). Parmi les actions remarquables de la SFDP durant ces années on peut citer en 1992 l’organisation du XIVe Congrès de la Société Internationale de Primatologie à Strasbourg, où plus de 1000 participants provenant de 62 pays se sont retrouvés, et l’extension aux territoires francophones externes à la France des colloques de la SFDP à Bruxelles (2003), Liège (2009) et plus récemment à Kinshasa en République Démocratique du Congo (2013).

Les Présidents et Secrétaires Généraux de la SFDP de 1987 à aujourd’hui
AnnéePrésidentSecrétaire Général
1987 J.J. Petter B. Deputte
1988 J.J. Petter B. Deputte
1989 J.J. Petter B. Deputte
1990 J.J. Petter N. Herrenschmidt
1991 J.J. Petter N. Herrenschmidt
1992 G. Mahouy N. Herrenschmidt
1993 G. Mahouy N. Herrenschmidt
1994 J. Vauclair B. Verschuere
1995 J. Vauclair B. Verschuere
1996 G. Germain P. Bénard
1997 G. Germain P. Bénard
1998 G. Germain P. Bénard
1999 N. Herrenschmidt P. Moisson
2000 P. Moisson C-A. Gauthier
2001 P. Moisson C-A. Gauthier
2002 G. Germain C. Di Trani
2003 H. Contamin C. Di Trani
2004 H. Contamin C. Di Trani
2005 H. Contamin C. Di Trani
2006 B. Senut F. Wanert
2007 B. Senut F. Wanert
2008 B. Senut F. Wanert
2009 B. Senut F. Wanert
2010 B. Senut F. Wanert
2011 S. Krief JJ. Millet
2012 S. Krief JJ. Millet
2013 G. Germain D. Roullet
2014 B. Lefaux E. Pouydebat
2015 B. Lefaux S. Masi
2016 B. Lefaux V. Narat

Hommage à Jean-Jacques Petter

Les prosimiens et un idéal - A la mémoire de Jean-Jacques Petter, premier Président de la SFDP

C’est au Congrès de la Société Internationale de Primatologie, à Madagascar, en 1998, que nous avons pu particulièrement apprécier l’hommage rendu, de son vivant, à Jean-Jacques Petter. L’ambiance était solennelle et le lieu remarquablement bien adapté puisque la plus grande part de l’activité de J.-J. Petter y avait été focalisée, tant sur la connaissance des lémuriens que sur les problèmes liés à la conservation des espèces par la protection de leurs biotopes.

Les recherches en primatologie sont évidemment redevables des premières observations effectuées à Madagascar par J.-J. Petter (avec son épouse, Arlette) ; mais c’est essentiellement par la suite qu’il a permis un grand développement des connaissances sur les prosimiens, en donnant une impulsion à des travaux pluridisciplinaires, dans une équipe où les initiatives individuelles étaient soutenues et encouragées. En atteste, par exemple, l’ouvrage collectif paru en 1980 (Academic Press), sur les prosimiens nocturnes de la forêt de l’Ouest de Madagascar, pour lesquels on été réalisées en parallèle avec les travaux de terrain - les chercheurs se relayant pour les observations nocturnes sur un cycle annuel -, des études d’écophysiologie, sur les mêmes espèces, au Laboratoire d’Ecologie du Muséum où nous avons reproduit les conditions physiques de l’environnement et leurs variations, permettant ainsi une analyse détaillée des stratégies adaptatives observées sur le terrain.

Cette dynamique de la recherche J.-J. Petter a permis de la développer par son enthousiasme et sa ténacité, même dans ces périodes sombres au cours desquelles les crédits de recherche étaient particulièrement difficiles à trouver. Il n’a jamais hésité à investir toute son énergie pour que des jeunes chercheurs puissent développer aussi bien les approches qu’il avait suggérées que des travaux dans des directions nouvelles. Il fut pour moi un directeur de thèse généreux, et, par la suite, un grand ami avec qui nous avons poursuivi un idéal de compréhension du monde vivant.

Claude-Marcel Hladik